Nos activités

Philosophie de travail
Public cible
Activités en milieu carcéral
Stratégies concertées IST - SIDA

>>>Philosophie de travail

Rendre les détenus et le personnel pénitentiaire acteurs de leur santé

Grâce à l’élaboration de nombreuses stratégies en lien avec la Promotion de la Santé, nous tentons d’aider les détenus à être actifs et à agir en connaissance de cause par rapport à leur santé et ce, en fonction des possibilités qui leur sont offertes dans leur parcours de détention. Les actions que nous menons leur permettent de s’investir au sein de la prison (groupes, activités, formations,…) et de développer des ressources personnelles pour se réinsérer dans la société. Notre objectif est qu'ils améliorent leur équilibre entre santé mentale et physique par des actions quotidiennes et accessibles.

Nous accompagnons également le personnel pénitentiaire afin de le responsabiliser face à sa santé. En effet, celui-ci peut parfois se laisser submerger par les difficultés rencontrées sur son lieu de travail et ce, au détriment de sa santé mentale et physique. Nous tentons par ailleurs d’améliorer la conscientisation du personnel aux conditions de vie des détenus afin qu’il puisse aussi agir positivement sur la santé de ceux-ci.


Favoriser le bien-être mental et physique des détenus dans leur milieu de vie

Nous avons conscience que le milieu pénitentiaire ne favorise pas l’épanouissement de la personne incarcérée car il ne lui donne pas toujours les moyens de développer ses ressources personnelles. Par l’intermédiaire de nos activités, nous tentons de favoriser l’amélioration du bien-être mental et physique ainsi que l’estime de soi de la personne incarcérée en lui accordant, entre autres, un temps d’écoute dans le respect de chacun et dans le non jugement.


Favoriser le partenariat

Pour atteindre au mieux nos objectifs et être en adéquation avec notre philosophie de travail, il nous semble essentiel et indispensable de développer et de renforcer les partenariats intra et extra – muros. Ces différents partenariats nous permettent de participer activement à l’amélioration de la qualité de vie de la personne incarcérée en tenant compte des différents aspects de son parcours de vie et des spécificités du milieu pénitentiaire. Nous sommes convaincus qu’en agissant ensemble sur plusieurs fronts (la santé, la réinsertion, la législation…), nous pourrons améliorer le système carcéral.


Implanter une démarche de Promotion de la Santé dans le milieu carcéral

Dans un milieu où le côté sécuritaire est une priorité, nous remarquons que les personnes incarcérées et le personnel pénitentiaire voient certains de leurs besoins en terme de bien-être négligés. Afin de répondre à ce problème généralisé et récurrent, il nous semble primordial d’intégrer dans le milieu carcéral une vision de prévention et de respect de la santé de tous où les interactions détenus/agents, agents/détenus, sont immanquablement imbriqués pour le meilleur des deux publics.



>>> Public cible

Le Service Education pour la Santé asbl axe son travail sur le milieu carcéral, tant pour les membres du personnel que vis-à-vis des personnes incarcérées.

Le milieu carcéral est un environnement qui est, à priori, peu favorable à la qualité de vie, à la santé (physique, mentale et sociale) et à l’équilibre de la personne incarcérée et à ses chances de réintégration dans la société. Plusieurs facteurs expliquent en grande partie ces constats et notamment : le manque d’hygiène corporelle et environnementale, la promiscuité, la précarité du milieu dont est issue une majorité des détenus, la faible scolarité de certains, la faible accessibilité au matériel de prévention et de réduction des risques ainsi qu’à certains soins, le manque d’accès à une nourriture saine, la consommation de drogues...

D’une manière générale, l’environnement carcéral est un milieu anxiogène qui favorise les tensions, le mal-être, les dépendances, les comportements à risque et les attitudes discriminatoires, que ce soit vis-à-vis des détenus ou du personnel pénitentiaire. Pour ces derniers, cela a un impact sur leur bien-être au travail et sur les risques qu’ils sont amenés à prendre dans l’exercice de leur profession. Les conséquences de ce climat ont une influence non négligeable (qu’elle soit positive ou négative) sur les comportements des détenus.


>>> Activités en milieu carcéral

Activité « Rencontres-santé »

Le Service Education pour la Santé propose 8 modules de deux heures au cours desquelles un groupe de détenu(e)s volontaires (max. 12 personnes) va acquérir des connaissances et échanger son expérience (connaissances, pratiques) par rapport à différents thèmes liés à la santé globale (alimentation, hygiène, Sida, hépatites, assuétudes).

L’approche se veut

  • dynamique : les participants font part de leur expérience, de leurs idées par rapport au thème abordé, ils posent des questions, proposent des solutions, …
  • interactive : les animateurs du Service Education pour la Santé asbl amènent une information claire en relation avec la thématique et en lien direct avec les questions des participants. Ils valorisent les expériences, corrigent les idées fausses, développent l’esprit critique.
  • globale : le terme « santé » doit être considéré de manière globale, santé physique (être mieux dans son corps), santé mentale (être mieux dans sa tête), santé sociale (être mieux avec les autres).
  • positive : la santé est abordée non pas comme une absence de maladie mais comme une ressource de la vie quotidienne, un processus dynamique influencé constamment par les choix que nous portons.
  • réaliste : nous tenons à rester crédibles vis-à-vis des participants en leur proposant une formation au contenu adapté à leur vie quotidienne au sein de la prison (échanges d’expériences, recettes pour la vie de tous les jours…)

L’objectif poursuivi est qu’au terme de chaque « rencontre-santé », chacun des participants ait acquis un « plus » par l’échange de connaissances et de pratiques favorisant une meilleure prise en charge de sa santé. Grâce à la dynamique instaurée, visant entre autres la confiance et l’estime de soi, nous souhaitons que chacun puisse accéder à plus d’autonomie et d’indépendance vis-à-vis de sa santé au sein de la prison et à l’extérieur, une fois libéré.


Activité « Rencontres-alimentation »

Cette activité est présentée en 8 séances au cours desquelles un même groupe de détenu(e)s prépare et déguste des plats simples et bon marché à partir de légumes et fruits de saison.

Ces séances pratiques s’adressent aux personnes détenues en Communauté Française, quel que soit leur degré d’instruction ou leur langue maternelle. Elles poursuivent plusieurs objectifs qui se rapprochent de ceux des Rencontres-Santé (visant un impact sur le savoir, le savoir-faire, le savoir être et le savoir appartenir):

  • apport et échanges d’informations sur la thématique large de l’alimentation (équilibre nutritionnel, budgétisation d’un menu, caractéristiques nutritionnelles des aliments, ...)
  • (ré-)apprentissage de pratiques culinaires simples, notions d’hygiène alimentaire, personnelle, domestique, découverte de nouveaux goûts (aliments, recettes inconnues), ...
  • (ré-)apprentissage de certaines notions de « savoir être » : respect mutuel, mise de côté des préjugés, partage des tâches, entraide, convivialité, ...
  • regain de confiance en soi
  • prévention des maladies cardio-vasculaires, diabète

L’activité de prévention des pairs par les pairs

Ce programme de prévention a pour ambition de limiter la propagation du Sida, des hépatites virales et des maladies transmissibles dans la population carcérale.

Le SES travaille avec des relais d’information formés aux thématiques du Sida, des hépatites virales, des IST, de la tuberculose et de la santé globale et ce, aussi bien au niveau des détenus que du personnel pénitentiaire (agents pénitentiaires, infirmiers, éducateurs, conseillés en prévention, direction …) dans le cadre d’un projet de prévention des pairs par les pairs. Afin d’insérer la promotion de la santé au sein du milieu pénitentiaire et de prévenir les comportements à risque, il semble nécessaire de former des relais en interne.

Le projet s’articule en deux étapes :

  1. La formation, qui s’organise en 8 séances de 2h pour les détenus et en deux journées et demi pour le personnel. Les thématiques abordées sont les modes de transmission des infections transmissibles, et les moyens de prévention pour le Sida, des hépatites virales, la santé globale, l’hygiène et la transmission d’un message de prévention afin de devenir des relais d’information. Les groupes d’agents référents constitués portent alors le nom d'Agents Relais Santé (ARS) et les détenus référents le nom de Détenus Contacts Santé (DCS).
  2. Le SES accompagne alors le projet par un suivi mensuel pour chaque groupe relais santé. Le but est de faciliter la mise à disposition de matériel favorable à la prévention (brochures d’information, gants, préservatifs,…), de mettre en place des campagnes de prévention de tous types, en fonction de leurs demandes et des divers constats posés au sein de leur établissement. Le SES offre un appui méthodologique et scientifique. La deuxième partie de ce projet est essentielle afin d’installer nos actions sur le long terme et dans la durabilité.

 

Présentation de l'activité « Rencontre mieux-être »

Au cours de notre travail en milieu carcéral, il est apparu que la place accordée à la promotion du mieux-être mental du détenu reste minimal et ce, malgré les besoins criants que nous constatons. Dès lors, le SES a développé ce projet axé plus particulièrement sur la promotion du mieux-être. Le but n'est pas de fournir un suivi psychologique individuel mais d'apporter un mieux être de la personne par des ateliers en groupes.

Ce module est composé de 12 animations de 2h par semaine et est destiné à un groupe de 6 à 12 détenu(e)s maximum qui s'inscrivent volontairement.

Chaque rencontre est articulée en deux types d'ateliers complémentaires:

  • Des ateliers de réflexions axés sur la gestion des émotions, sur le développement de l'estime de soi, la gestion du stress, l'approche de la Communication NonViolente et la gestion des conflits.
  • Des ateliers pratiques axés sur l'activité manuelle, l'expression corporelle et la créativité.

Concrètement, pour les ateliers de réflexions, des jeux de rôles, de nombreux échanges ainsi que des questionnaires de réflexion personnelle sont proposés. Pour les ateliers pratiques, trois thématiques sont proposées, au choix de l'établissement:

  • Activités de relaxation (yoga, gym douce, respiration, ...)
  • Animations artistiques et culturelles (scultures, peintures, dessins, écriture, ...)

L'approche participative est favorisée tout au long de ces Rencontre Mieux-être, chacun ayant la possibilité de s'exprimer dans un espace de parole respectueux.


>>> Stratégies concertées IST - SIDA

Depuis 2005, le Service Education pour la Santé asbl (SES) participe aux stratégies concertées du secteur de la prévention des IST/Sida en Communauté française de Belgique, processus coordonné par l’Observatoire du Sida et des Sexualités. L’objectif de ce dispositif est d’améliorer la qualité des actions de prévention et de promotion de la santé en définissant de manière participative un cadre de référence commun aux intervenants du secteur.

Le SES a été défini en 2008 comme le point focal pour le public des personnes incarcérées, c'est-à-dire qu’il a été reconnu comme organisme spécialisé dans le travail de terrain avec ce public et qu’il a coordonné le travail collectif avec le réseau d’intervenants du milieu.

Le SES est également membre du comité de pilotage et d’appui méthodologique (CPAM) IST/SIDA décidant des grandes orientations du processus des stratégies concertées. Pour en apprendre davantage sur le travail des stratégies concertées IST – Sida ou pour accéder aux publications parues dans ce cadre, veuillez consulter le site suivant :
www.strategiesconcertees.be

Ce site a été réalisé avec le soutien de la Communauté française de Belgique et de la Région Wallonne


Les illustrations ont été réalisées par Monsieur Jacques Sondron lors du colloque organisé par le SES
" La santé en prison : Une question de santé publique?".